Mon premier pas pour un oui

Bonjour, MON LION.

J’espère que tu vas bien. Moi, ça va malgré ma journée difficile : problèmes de boulot et de transport sur la ligne B du RER. Alors, j’apprécie d’être à la maison bien au chaud. J’ai vu à la télé qu’à Lille il a fait froid et humide ce week-end. Ici aussi, mais à Paris nous avons eu quelques degrés de plus que chez toi. Je suis installée au salon devant un bol de thé et j’ai mes pensées tournées vers toi. Dans ta dernière lettre, tu me dis attendre avec impatience notre rencontre du jeudi. Je comprends ce que tu veux dire, puisque seuls tes déplacements sur Paris nous permettent de nous voir.

Tiens, samedi j’ai relu toutes tes lettres. Elles commencent invariablement par « Capucine, Ma Lionne ». Ça m’a fait quelque chose d’avoir entre mes mains ce petit paquet qui regroupe notre correspondance depuis six mois. C’était comme si notre liaison tenait tout entière dans mes mains. J’ai réalisé aussi que tu aimes vraiment beaucoup les petits récits coquins que je t’envoie chaque semaine pour accompagner mes mots d’amour.

Tu les attends, et même plus, tu me les réclames pour qu’ils te tiennent chaud au corps. Je suis heureuse de savoir que tu penses à moi en les lisant, mais tu le fais en cachette pour ne pas éveiller de soupçons chez ta compagne. Je souffre que tu sois avec elle, je souffre de ne pas vivre ce que je t’écris, puisque toutes mes histoires sont belles et que je nous invente ensemble. C’est si difficile d’être amoureuse de toi alors que tu es avec une autre. Et tu souhaites que je t’aime de manière exclusive. Tu es satisfait, n’est-ce pas, parce que tu sais que je n’arrive pas à aimer un autre que toi.

Alors, Arnaud, mon Lion, comme tu te délectes à ce point de mes écrits libertins, aujourd’hui cette lettre sera mon messager pour une histoire un peu différente des autres.

Je vais te la raconter en te demandant d’imaginer que je franchis la porte d’un club libertin pour la première fois, sans toi, mais en sachant qu’à aucun moment tu ne quittes mes pensées. Imagine que mon manque de toi me fait faire cette folie et que d’attendre notre soir est devenu trop difficile au point que j’ose aller chercher là-bas la compensation aux caresses manquées et à la tendresse inachevée.

En me lisant, fais comme si j’avais été emportée par le désir de vivre des moments libertins, plutôt que de nous inventer « nous deux » comme je l’ai fait jusqu’à présent. D’ailleurs, pour t’y aider, je vais choisir mes mots pour que tu y croies, et j’espère être convaincante.

Laisse-toi emporter. Tremble, mon beau Lion ; que ta peau se parcoure de frissons, que ton corps réagisse par les mots que je t’envoie. Ils te parlent de ces plaisirs, de ces rencontres éphémères d’un après-midi de dimanche. Je souhaite que tu te les appropries, que tu palpites à travers moi, que tu respires mon souffle court, que tu t’enflammes à ton tour.

Régale-toi mon amour, mon Lion !

Voici mon histoire pour toi :

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Mon premier pas pour un oui

Nous sommes le dimanche le 25 novembre 2012.

Mes mots commencent leur voyage sous tes yeux et j’amène jusqu’à toi les premières flammes qui embrasent mon corps.

Je suis devant la porte de ce club libertin qui fait hammam et sauna, à quelques kilomètres de chez moi.

Je franchis le seuil et je me retrouve dans le petit sas d’entrée. La lumière diffuse caresse les murs garnis de tissu sombre et leur donne un aspect velours. J’ai envie d’y poser mes mains pour toucher le tissu. Oui, il est doux. C’est mon premier geste pour un plaisir tactile, et c’est le début de mon repas charnel.

Mon Lion, imagine-moi à cinquante ans, prête à mettre à ma bouche les mets les plus savoureux. C’est l’inconnu et je suis excitée.

Quel délicieux moment ! Je vais me gaver de plaisirs et à la fois je ressens mes premières interrogations, mes premières craintes devant ces mystères.

La porte qui me sépare de ce monde est garnie d’une toute petite fenêtre, avec une grille de fer forgé à hauteur de poitrine.

Je m’interroge. Un couple s’est-il déjà pris au jeu de la tentation en guise d’apéritif amoureux ? Y a-t-il eu deux mains féminines accrochées aux barreaux tandis que deux mains masculines se cramponnaient à la croupe offerte ?

Non ? Alors, je suis la première ! Avec le fantasme de l’homme imaginaire qui fait tout ce que je veux, un champion de l’érotisme et du sexe. Normal : je préfère rêver en grand qu’un homme puisse m’enchanter là, tout de suite !

Je m’en délecte d’avance. J’imagine de douces caresses, un souffle chaud dans le cou, des baisers légers effleurant ma peau, ici dans l’entrée.

Hummm… J’ai une envie de jouer plus forte que la raison, et l’esprit si puissant qu’il se passe d’une réalité masculine.

Je plaque ma poitrine ronde contre la porte. J’écrase mes seins fermes contre le bois. Mes mains moites de désir s’accrochent aux barreaux.

Ma bouche humide et entrouverte murmure mon ravissement. Je laisse s’échapper de mes lèvres maquillées de rouge mon premier souffle de plaisir qui passe à travers les barreaux.

J’ai envie d’un corps amoureux qui se place contre mon dos et mes fesses. Je m’invente un homme grand et musclé, tout en puissance, un peu comme toi, mon Lion.

J’ondule sous ses caresses imaginaires et je m’abandonne. C’est la douce symphonie des sens, harmonieusement cadencée. Ma première et voluptueuse partition des jouissances.

Je suis un violon ou une harpe, pourvu que des mains en tendent les cordes. Je rêve de murmures et de gémissements, comme des notes de plaisir. Que la musique est belle !

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Je reprends mes esprits, souriante, ravie d’avoir laissé aller mon imagination ; mais il est temps à présent que j’appuie sur la sonnette pour prévenir de mon arrivée.

J’entre et suis reçue par le propriétaire. Il a un bien agréable regard et un sourire charmant.

Je reçois une grande et une petite serviette, une pochette avec un préservatif et un sachet de gel. L’attache est en velcro et il faut l’accrocher à la cheville. Enfin j’ai la clé de mon vestiaire, le numéro « 33 ».

C’est mon chiffre bonheur avec ses courbes accrochées l’une à l’autre, comme deux corps emboîtés en chien de fusil.

Mais oui, mon Lion, je suis inventive !

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Voilà, je suis dans le vestiaire des couples et des femmes seules. La pièce est petite et chaleureuse.

Je me déshabille tranquillement.

J’enlève tout d’abord mes bottines noires dont la fermeture Éclair ne demande qu’à glisser.

Puis je libère mon torse de mon petit pull fin. Les manches sont longues, le décolleté outrageusement profond. Et le mohair est si doux sous mes doigts… Une caresse, puis un au-revoir à mon pull.

Mon soutien-gorge blanc en voilage souple et doux attendra que mes mains le libèrent. Dommage qu’il n’y ait personne pour apprécier mon déshabillage…

Mais toi tu es là, Arnaud, et tu me regardes ; alors je me fais sexy et je te ravis de ma féminité !

Je décroche la fermeture Éclair qui maintient ma jupe étroite et je tortille mon cul.

Le cuir se frotte à mes bas de soie. Le rugueux de ma jupe rencontre la douceur des bas soyeux en descendant le long de mes jambes. La jupe tombe à mes pieds et, en me baissant pour la ramasser, le tissu de mon string me rentre dans les fesses.

Tu vois comme je prends mon temps pour toi, mon Lion ? Tu sens comme je t’aguiche ? Avec la conscience de l’impossible rencontre entre tes mains et ma peau. Je peux juste te dire qu’elle est douce, ma peau, délicatement parfumée au lait de toilette. Elle est chaude aussi, et la moiteur se cache là où tu devines. Tu sais bien… il suffit même que je resserre mes cuisses pour la sentir encore mieux, mouillant la peau de mon entrejambe.

Me voilà presque nue, les premières barrières sont tombées. Il ne me reste qu’à dévoiler mes parties intimes, celles qui seront cajolées plus que toutes par des mains inconnues, des bouches gourmandes, des langues qui me feront frémir de plaisir.

Je caresse le tissu fin de mes sous-vêtements, et délicatement, en prenant mon temps, je les enlève.

Je prends une respiration profonde, consciente de ma nudité qui ne demande qu’à vibrer de plaisir.

Si tu savais, Arnaud, comme tes mains, tes grandes mains qui ne sont pas là pour me réchauffer et me câliner sous cette lumière tamisée me manquent ! Je frôle ma peau du bout de mes doigts. Je ferme les yeux et je me dis que c’est toi.

En me caressant délicieusement, je glisse mon pagne le long de mes jambes. Je le fais s’arrondir sur mes cuisses, je le « vagabonde » tout en douceur jusque sur mes fesses.

Toi, tu les adores, mes belles pommes qui ne demandent qu’à être croquées !

Et moi je les trouve un peu trop rondes. Mais là, drapée par le tissu doux à la limite de la transparence, je me sens belle.

Je me cambre sous le souvenir de tes doigts et je reçois ce léger plaisir en imaginant que ce sont tes mains qui nouent le tissu autour de ma poitrine.

Ma blanche et lourde poitrine a un charme évident. Je le sais aux regards des hommes, quand leurs yeux parcourent mes seins coquinement cachés sous mes corsages.

Mais oui, ça m’arrive fréquemment aux beaux jours, et tu n’es pas si souvent que ça à mes côtés pour t’accaparer leurs rondeurs.

Je frémis et mes tétons pointent en avant.

Ma respiration est ample et profonde. Je me dirige vers le bar.

Une musique douce, une ambiance sereine m’accueillent et je m’y plonge avec bien-être. Dans l’air flotte une touche légère, presque florale, et les senteurs printanières qui chassent l’hiver invitent au voyage des sens.

Je m’installe sur un tabouret haut et je discute quelques instants avec l’homme placé à côté de moi.

À aucun moment nos mains ne se toucheront dans une des salles offertes aux loisirs charnels. Il est trop jeune, trop impatient, presque importun. Je me décale un peu. Il a compris.

Deux autres couples arrivent tour à tour ; décidément, eux aussi sont bien trop jeunes pour moi !

J’ai envie de savourer les délices, mais mon demi-siècle est le double de leur âge, alors que seule la maturité m’attire.

C’est pour ça aussi que toi, Arnaud, tu me plais avec juste ton année de plus que moi.

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Je me lève et je flâne le long du couloir. Mon regard discret se pose sur chaque homme que je croise et j’observe ce qui se passe autour de moi. Je suis un peu chasseresse en même temps que la proie de ceux qui souhaitent me convoiter.

Un homme à mon goût passe à côté de moi. Il me frôle et nos regards se croisent. Quelques cheveux blancs, quelques rides de la quarantaine à peine entamée. Je le trouve beau.

Il me sourit, et sa voix est douce :

— Bonjour.

Je lui adresse à mon tour un de mes sourires charmeurs en murmurant :

— Bonjour.

Si jusque-là je n’avais pas l’espoir de faire une belle rencontre libertine correspondant à mes désirs, à présent je sais que cet homme m’accompagnera de longues heures.

Le plaisir tranquille qui monte en moi me dit pourtant qu’il me faut attendre.

N’ai-je pas raison, mon Lion ?

Je vais prendre mon temps. Le plaisir va grandir encore. Je laisse à mon esprit la possibilité de s’évader et j’imagine les prochains délices en visitant les pièces. Je me montre, j’observe.

J’échange quelques sourires. Me voilà revenue dans le salon à côté du bar. Je repense à cet homme qui me tente. Il n’est pas dans la salle. Je ne m’en inquiète aucunement car ses pas l’amèneront jusqu’à moi. Je commande un cocktail et je m’éloigne des hommes accoudés au comptoir.

Je choisis de m’asseoir sur la banquette près du bar, jambes croisées avec élégance, et je laisse une place… pour lui.

Mon idée est bonne, j’en suis sûre !

Je me sens bien, entre deux sensations : celle que me procurent mes désirs et celle des futurs jeux érotiques que j’imagine déjà.

Je sirote tranquillement ma boisson fraîche gorgée du plaisir que les raisins ont eu à se gonfler au soleil.

Du couloir qui mène aux salles des soupirs, j’entends des gémissements confinés, puis des pas qui se rapprochent. Je les reconnais.

C’est lui !

Je reste discrète, regardant à droite et à gauche, choisissant de ne pas montrer mon intérêt.

C’est tout un art que d’observer quelqu’un l’air de rien, alors que mes pensées commencent à s’emballer.

Une seconde suffit ; je vois qu’il me regarde. Son visage expressif semble me dire : « Je vais venir vers toi, mais je ne sais pas encore comment je vais m’y prendre… ».

Le jeu est délicieux, comme une danse à trois temps. Une avancée de deux pas de lui, puis je m’en éloigne d’un en tournant les yeux pour lui échapper. Chacun a le choix de suivre son envie et de se laisser emporter… ou non. Je ne le regarde plus, mais je suis aux aguets. Je l’attends.

Je le sens ; il se rapproche du bar d’un pas hésitant, comme si la décision était difficile, le choix cornélien : va-t-il choisir d’aller jusqu’au bar, ou sur la banquette près de moi ? S’il n’en sait encore rien, moi, je connais la réponse. Le nectar dont il s’abreuvera sera le mien. Mon minou prépare déjà mon jus et je le laisse arriver entre mes cuisses. Mes premières gouttes mouillent mon pagne.

La banquette sera humide et je pense que je glisserai un peu plus mes fesses sur le côté pour bien étaler la trace de mon plaisir. Puis je tapoterai la banquette autant pour attirer son regard sur ma mouille que pour l’inviter à s’asseoir… disons… juste dessus. Ce sera sa serviette de bain accrochée à sa taille qui l’absorbera tranquillement pendant que nous échangerons nos premiers sourires entendus.

J’apprécie de le savoir debout à trois mètres de mes espérances, prêt à passer commande d’une boisson qui pourra rafraîchir ses sens. Un verre à la main, c’est bien aussi pour se donner contenance.

Je sais depuis tout à l’heure qu’il ne s’installera pas sur le tabouret libre. Quelques secondes lui suffisent pour décider de se rapprocher de moi.

Arnaud, mon Lion, je ne suis pas seule, je ne suis plus seule cet après-midi de dimanche !

Nos regards s’accrochent l’un à l’autre, lui et moi, pendant que toi tu nous regardes de si loin.

Je jubile intérieurement, mais je ne laisse rien paraître.

Secondes précieuses, minutes m’appartenant, après-midi d’espérances, réalités futures…

Après les premiers échanges de politesse, nous ferons connaissance. Puis, poussés par la bienfaitrice nécessité, nous nous autoriserons tous les deux à échanger des gestes libertins. Je devine aisément ses langoureuses caresses qui traceront un délicieux chemin sur mon corps, le moment venu.

Mon Lion, mon Amour, imagines-tu que l’instant arrive où je vais vivre tous ces délices ? Ce qui me liera à lui, ce sont ses mains ; ce qui me lie à toi, ce sont mes mots pour te décrire mes plaisirs.

Tu me vois, frémissante, sur la banquette ? Regarde-moi : je desserre et recroise mes jambes ; c’est une invitation… pour lui. Je le regarde. J’ai ce petit sourire pas sage au coin de ma bouche. Celui que tu connais si bien.

Mon cœur se met à battre plus fort, et les « boum-boum » s’enchaînent, comme un tambour vibrant. Ça résonne en moi jusqu’au fond de mon ventre. Mon vagin se transforme. Je suis une femme et mon corps se prépare pour lui. C’est si agréable !

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Il vient s’asseoir au bord de la banquette à un mètre de moi.

Enfin, le temps est suspendu. Il pose son verre sur la petite table basse qui lui fait face.

Il s’humecte les lèvres, porte sa boisson à la bouche, en absorbe une gorgée.

Je lui souris de manière engageante. Je ne dis rien, j’attends ; j’apprécie tellement ce moment… je souhaite le prolonger.

Je n’imagine pas un instant l’aider à faire le premier pas, le soulager de la décision du premier mot.

Serait-ce pour lui si difficile d’arriver à s’asseoir une largeur de fesses plus près de moi ?

Allez, allez, un petit effort… S’il pouvait entendre mes pensées, il n’hésiterait pas !

En fait, il m’a peut-être entendue, puisqu’il se rapproche de moi, un peu, juste assez pour que je découvre dans ses yeux son intérêt pour moi. Son regard se fixe sur le nœud de mon pagne, à la naissance de mes seins.

Je le regarde ; il reprend son verre, boit une gorgée, le repose.

Mes tremblements ne sont pas visibles, mais intérieurement de douces vibrations me gagnent.

Le jeu, pour moi, n’est pas fini…

Il doit mesurer son degré d’envie qui peut le pousser à espérer plus, à vouloir plus. C’est à lui de créer mon désir… de lui.

J’ai l’esprit taquin, mais je retiens le sourire gentiment moqueur qui ne demande qu’à venir et je fais attention à ce que mes lèvres ne transcrivent pas mon amusement. Voilà, je me suis maîtrisée, et le sourire que je lui offre n’est que coquin et ravageur.

Je me déplace. Oui, la banquette est humide. Je la tapote et j’essuie ma main sur mon pagne avec une caresse sur mes seins.

Il a vu. Il sourit et se rapproche jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’espace entre nous. Ses fesses sont sur ma mouille, comme je l’imaginais. Sa cuisse transmet à la mienne toute sa chaleur.

— Comment allez-vous ? me dit-il d’une voix douce.
— Je vais bien, même très bien.

J’ai envie à présent de récompenser à ma manière tous ses efforts d’approche et de le soulager du choix de la conversation.

— Vous êtes venu spécialement pour découvrir le nouveau « Cocktail Maison », n’est-ce pas ? À part sur le bord de votre verre, où donc aimeriez-vous tremper vos lèvres ? Hum… Dites-moi… ?

Il rit de bon cœur, appréciant mon humour et ma spontanéité. La glace est rompue. Je me sens bien, libre de parler comme je le pense. Sa compagnie est agréable, mes pensées sont douces.

— Hummm, découvrir un fruit juteux… et s’il est féminin en plus, j’abandonnerai bien mon verre.
— Que ce serait dommage d’aller chercher la liqueur d’une femme en ayant la gorge sèche ! Finissez donc votre verre… avant…

Nos regards se fixent, s’apprécient, se comprennent.

Nous savons à cet instant que nous nous sommes trouvés et que nous allons vivre ensemble durant quelques belles heures de bien agréables échanges libertins.

Notre jeu d’approche est fini. Place à toute expression, pourvu qu’elle soit délicieusement corporelle.

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Je décroise et recroise mes jambes pour le frôler doucement et je fais avec ma jambe de petits mouvements de balancier délicieusement raffinés, sensuels. Le pagne s’ouvre petit à petit pour libérer mes cuisses.

Mon imagination s’enflamme, mon attitude est faussement désinvolte.

Je le regarde, lui décoche un beau sourire enjoué, malicieux.

Il apprécie mon manège : ses yeux me le disent.

Il se penche légèrement et son doigt caresse ma peau. C’est un délice parmi les délices.

— Je m’appelle Capucine ; et vous ?
— Tonny. Ça signifie « homme qui adore caresser les femmes ».
— Ah oui ? Et moi, mon prénom signifie « qui aime les plaisirs et la tendresse ».
— Une caresse comme celle-ci, tu aimes ?
— Sur mon bras… et… ensuite ?
— Sur ta cuisse… comme ça ?

Il sent bon. J’ai envie de le respirer, alors je pose ma tête sur son torse.

Il comprend mon besoin de câlin qui sied si bien à l’amour.

J’ai tellement envie de tendresse que mes yeux lui en font la supplique.

Il passe ses deux bras autour de moi et reprend la valse des caresses pour réchauffer ma peau.

Et moi, je ne fais même plus comme si c’était toi, mon Lion… pour me laisser aller… avec lui, pour me ravir de ces moments de tendre libertinage. Juste parce que lui, il est là !

Je soupire d’aise. Je sens qu’il est aussi bien que moi. Nos caresses insistantes et douces sous le regard des autres ne nous suffisent pas, et l’envie de nous isoler nous prend.

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Nous parlons des pièces qui s’offrent à nous, et d’une voix douce il me demande de la choisir pour que nous nous y réfugiions tous les deux.

Je me lève ; il prend ma main dans la sienne, entrelace nos doigts et m’entraîne hors du salon pour rejoindre le couloir.

— Tu aimes les massages ?
— Oui. Et j’aime m’abandonner sous les doigts d’un homme.

Il a bien remarqué mon sourire qui en dit long, et il comprime un peu plus ma main pour me faire comprendre qu’il me donnera le plaisir que j’attends.

Nous entrons dans la salle de massage.

— Tu préfères qu’on ferme le rideau pour ne rester que nous deux ?
— Oui, pas de voyeurs, je préfère.

J’ai à ce moment une petite pensée pour toi, Arnaud, toi qui es le seul témoin de ce que je vis.

— Je sens que mon imagination s’enflamme ; et la tienne, Tonny ?

Sans attendre sa réponse, je me place le dos contre la croix en bois blanc, les jambes écartées de telle manière qu’elles arrivent au niveau des attaches, et je place mes bras en croix au-dessus de ma tête de façon suggestive.

— Tu m’inspires, et je vais t’attacher, Capucine…

Il s’approche de moi, me caresse les bras, me fait naître un frisson délicieux lorsqu’il effleure le creux de mon coude. Il se penche, et d’une main un peu ferme masse mes cuisses, caresse mes genoux. Il descend ses mains le long de mes jambes et sangle mes chevilles.

— Tu me laisses la liberté de m’occuper de toi ?
— Oui. Attache mes mains. J’ai envie de m’offrir à toi, mais j’ai besoin de douceur.

Je le laisse faire et je sens mon désir monter.

Il attache mes poignets avec les sangles de cuir noir.

— Ce n’est pas trop serré ?
— Non, pas assez serré. Là, je peux faire glisser mes poignets en-dehors des liens si je le désire. Je ne me sens pas assez soumise.
— Et comme ça, c’est mieux ?
— Oui : maintenant, je ne peux plus me libérer. C’est bien.

Me voilà prête, et je bouge pour découvrir les limites de mes mouvements. J’interroge mon corps pour connaître ses impressions.

Est-ce vraiment délicieux ce que je ressens, mes bras écartelés ?

Oui, ça l’est ! Ma liberté se cogne à ce cuir qui verrouille mes poignets !

Est-ce vraiment délicieux de sentir mes chevilles entravées ?

Oui, ça l’est ! Les liens écartent suffisamment mes jambes pour ouvrir le pagne et offrir à son regard autant qu’à sa main – ou à sa bouche – le triangle de mon intimité.

— J’ai envie que tu t’offres à mon regard !
— Entièrement nue. Prisonnière des liens et abandonnée au plaisir.

Alors il défait délicatement le nœud qui retient le pagne juste au creux de mes seins. Je ferme les yeux. Il fait glisser le tissu sur ma peau et me caresse avec.

— J’ai envie de ta peau nue.
— Prends-la !

Il lâche le carré de tissu. Avec une grande douceur, ses mains effleurent ma poitrine et me rassurent sur ma beauté.

Il plonge son regard interrogateur dans le mien. Et je lui réponds :

— Je laisse libre cours à ton imagination, pourvu que ce soit en douceur et en tendresse.
— Tu aimes la sensualité et la délicatesse, douce Fleur ?
— Oui ; j’en raffole, même.

Il avance son torse au plus près de ma poitrine. L’espace est infime entre nos peaux. Il prend une longue et profonde inspiration, la bloque quelques secondes. Puis il la libère. Son souffle doux et chaud trace des courbes sur mon visage.

Il recommence plusieurs fois en prenant son temps.

— J’aime beaucoup…

Silencieusement, il prolonge le jeu.

Puis ses lèvres frôlent les miennes sans les embrasser. Une caresse sur ma bouche pulpeuse et offerte. Le jeu des baisers profonds n’est pas venu : il est en attente, placé dans l’imaginaire, et je l’apprécie avant même que nos bouches s’entrouvrent et s’offrent l’une à l’autre.

Son corps tout chaud s’éloigne du mien, sa tête descend vers mon cou pour me donner des baisers tout doux qui serpentent délicieusement tout en délicatesse. Puis vers mes épaules avant de revenir entre les deux clavicules et descendre doucement entre mes deux seins.

Ses mains prennent mes deux rondeurs souples. Il les caresse, les malaxe délicatement, titille mes tétons pointus. Les baisers prennent le relais : ses lèvres s’emparent de mes seins, sa bouche humide se ventouse et gobe un mamelon. Sa langue me ravit.

Je gémis doucement, je frémis de plaisir et je suis dans l’attente de recevoir encore plus.

Il se décolle de moi.

Nous nous regardons ; j’ai les joues en feu et mon bas-ventre qui palpite.

Il reste stoïque, attentif à sa maîtrise, prêt à me servir la suite du menu, en plat savoureux savamment préparé.

Puis il reprend son jeu, multipliant les plaisirs que la croix de Saint-André peut nous offrir.

Il accroche ses mains après mes hanches. Il me tire vers lui. Son torse est contre ma poitrine et, d’une forte pression, il colle nos deux bas-ventres ensemble.

Je suis immobilisée ; je patiente, conquise par ce jeu savoureux.

À présent, sa bouche frôle mes lèvres. Il parcourt avec sa langue chaude le rouge échauffé de mes lèvres. J’entrouvre le passage et lui offre l’humidité de ma bouche.

J’apprécie ce langoureux baiser.

Nos salives se mêlent, son corps appuyé contre le mien se frotte à mes courbes.

Mon compagnon abandonne ma bouche. Je reprends mon souffle. Il dépose un baiser furtif sur chacun de mes seins, descend de baisers en baisers jusqu’à mon ventre. Il fait glisser ses mains le long de mon corps, jusqu’à mes hanches.

Il se met à genoux, ses mains accrochées à mes courbes.

Il lève la tête, me regarde, me sourit, puis approche doucement son visage de mon entrejambe.

Que vais-je faire ? Cambrer ma toison pour l’approcher de sa bouche, ou m’en éloigner ?

Le choix m’est offert, et mes sens autant que mon esprit et mon corps ne peuvent que vouloir !

— Oui ! Goûte-moi !

Ses mains qui étaient sur mes hanches se placent dans le creux de mon dos. Il caresse la cambrure de mes reins, de mes fesses, tandis que sa bouche dépose quelques petits baisers sur mon sexe.

Je gémis doucement, langoureusement, et j’écarte mes cuisses autant que je peux pour recevoir son baiser intime.

J’abandonne sous sa langue l’abri de mon clitoris, mes petites lèvres et l’entrée de mon vagin.

Je le laisse me découvrir, me savourer, me dévorer, se délecter de mes parois de velours humides à souhait, gorgées de sang, brûlantes de désir, palpitantes et contractées par les plaisirs.

Sa salive se mélange à mes fluides intimes ; sa respiration se fait courte, son souffle traverse mes poils pubiens, glisse sur ma toison et j’entends ses gémissements rauques, à peine estompés par sa bouche collée à mon sexe.

Une main serre ma cuisse, l’autre caresse et titille mon clitoris. Sa bouche fouille mon intérieur.

Je suis en extase, abandonnée totalement, tremblante de plaisir. Je me tords, je me cambre et je souhaite qu’il entre au plus profond de mon sexe. Sa langue ne me suffit plus !

Mon plaisir monte en pointe, mes mains veulent se cramponner à sa tête, mes doigts espèrent caresser ses cheveux, mais je ne peux pas m’agripper à sa crinière ; mes liens m’entravent ! Mon orgasme éclate ! Je suis en transe, je me tords sous la jouissance. Le plaisir est intense et en même temps mes poignets me font mal. Étrange et délicieux, ce mélange de petites souffrances et de plaisirs.

Puis je m’apaise.

— As-tu aimé ?
— Ça ne s’est pas vu ?
— Vu et entendu, ça oui !
— Détache-moi, s’il te plaît.
— Bien sûr. Tu as mal ? me demande-t-il en frottant mes poignets.
— Oui, mais ça va passer. Heureusement que j’étais attachée, mes jambes sont si molles…

Il me soutient, un peu surpris de l’effet que le plaisir inflige à mon corps.

Je suis guimauve, un petit Chamallow moelleux et sucré.

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À présent, je suis dans ses bras ; il m’accompagne, me guide avec fermeté jusqu’à la table de massage et m’aide à m’allonger sur le dos.

Je me sens si bien.

Il prend le flacon réservé à l’usage corporel. Le lait coule dans sa main et il l’étale sur ma peau douce et crémeuse, sur mon ventre chaud.

Avec une infinie douceur, il commence des va-et-vient qui dansent délicieusement sur mes courbes. Il accentue la pression au creux de mes reins quand je me cambre pour lui laisser le passage. Il remonte jusqu’à frôler mes épaules et repart pour de plus belles caresses.

La chaleur de ses mains habiles me berce et m’emporte. Je suis dans le plaisir. Je me relâche, je m’abandonne.

Inlassablement, ses doigts pianotent, malaxent, frôlent et compriment ma peau. Mon corps est pour lui, pour ses mains, pour son sexe ! Oui, j’ai envie de lui, j’ai envie de son sexe. Tout à l’heure, j’ai joui sous son cunni ; mais là, je ne m’en satisferais pas.

Ses mains s’enhardissent, mon corps réagit ; je suis en mouvance et je me cambre, j’ondule, je soulève ma croupe. Je n’espère plus qu’une chose : qu’il m’offre des jouissances exquises avec sa queue. J’ai chaud, je gonfle ma poitrine. Je gémis en effleurant le septième ciel qui me met des étoiles dans les yeux et du baume dans la tête.

Les gestes sont libertins, mais je les transforme, je les sublime. J’en fais ce que je veux qu’ils soient : des gestes d’amour, comme s’il y avait de l’amour !

Les caresses m’enchantent et je fais comme si c’était les sentiments qui nous enflamment.

J’attends avec impatience que ce jeu de mains glisse entre mes fesses, qu’il s’attarde sur le haut de mes cuisses. J’écarte mes jambes pour l’accueillir.

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Mon Lion, mon Lion !

N’est-ce pas délicieux et dangereux aussi de faire semblant que seul mon cœur me guide ?

Peut-être ! N’est-ce pas ?

Mais le corps libertin n’a pas besoin d’amour pour s’offrir.

Que penses-tu, alors que je m’accorde le droit de croire que tout m’est permis ?

Tiens, je supprime la voix de la sagesse. D’ailleurs, mon Lion, c’est laquelle, la voix de la sagesse ?

Si c’est la tienne, elle me dit que c’est mal de te raconter ça !

Si c’est la mienne, elle me dit qu’après tout, tu as bien fait le choix, toi, de rester avec ta compagne !

J’ai le cœur noble, mais il déborde du « pas assez de toi » ; alors je prends le droit de te raconter ce que j’ai envie !

Mes pensées sont sincères. Est-ce que tu le sais, ça ?

Oui ?

Alors, sache que je vais me satisfaire de ce que cet homme peut m’offrir, avec la liberté absolue qui est la mienne, et je vais continuer à écouter mes propres désirs et à te les raconter !

Je le regarde, lui ! Et je lui souris. Tout simplement pour le remercier de toute l’attention qu’il me porte. Parce que lui, jusqu’à présent il s’est oublié. Parce que je l’ai à peine regardé. Parce que je ne lui ai rien donné : j’ai seulement pris, j’ai seulement voulu, j’ai seulement demandé.

Alors maintenant j’ai mon corps qui le réclame, j’ai envie de lui donner du plaisir.

Il va me prendre, il va rentrer en moi et il va jouir !

⌘⌘⌘⌘⌘⌘

Je m’abandonne, ronronnante, gémissante, haletante. J’ai de la chance de vivre de tels moments de bien-être.

Je fonds, je ne peux plus résister à mon envie de lui. J’écarte mes jambes encore plus et je l’appelle :

— Prends-moi !

Il glisse mes fesses sur le bord de la table. Je relève mes jambes et il m’aide à poser mes mollets sur ses épaules. Il attrape fermement mes cuisses et d’un coup il m’empale.

Il me lime dans des assauts puissants. Finie la douceur ! Vive l’ardeur ! Les sens qui explosent, l’intérieur de mon puits qui s’enflamme ! Je lubrifie à mort, je suis si chaude, et mon plaisir monte en saccade à chacun de ses coups de queue. Il est vif, ardent, et j’aime ça.

Mes poils pubiens sont trempés, mes petites lèvres sont ouvertes et gonflées et il écrase leur peau rose et délicate avec la base de son pieu qui n’en finit pas de me labourer jusqu’au fond.

Mon sexe se dilate et je suis excitée par les geignements qui sortent du fond de sa gorge. Je me contracte, mes jambes se tétanisent. Je resserre mes parois intimes pour mieux sentir son braquemart palpitant et fougueux glisser au fond de mon antre.

Le coït est si intense, mes plaisirs si délicieux que je me détache du temps, j’efface les horloges. Les montres des poignets n’existent plus !

Il n’y a plus d’heures, ni de minutes, ni de secondes ; seule une multiplication du bien-être.

Et si tu savais, Arnaud, comme à cet instant ça compte plus que tout, ce bien… bien… bien… bon temps !

Je me sens remplie, pleine de son membre turgescent qui m’offre son sperme goutte à goutte au fur et à mesure que le plaisir s’intensifie. Le jus qu’il perd lubrifie mon intérieur autant que le fait ma mouille. Son sexe, c’est une baguette de chef d’orchestre qui donne le tempo à mon corps tout entier. Et la musique qu’il me joue est diablement entraînante ! J’ondule, je me cramponne au bord de la table de massage pour aller au-devant du pilonnement qu’il me sert.

C’est un virtuose, crois-moi, mon Lion ! Et je l’accompagne comme une diablesse.

La pression monte encore, monte, monte…

— Je vais te faire jouir avec ma grosse queue !
— Hummm… alors défonce-moi encore plus fort, je suis au bord…
— Prends ça et chante, petite Fleur !
— Hummm…
— Et encore ça ! C’est bon, hein ? Dis-moi que tu en veux encore…
— Ouiiii !
— Quoi donc ?
— Ta queue ! Encore, encore…
— Prends mes coups de boutoir. Elle est bien défoncée, ta chatte ?
— Oh ouiiii !

La seconde d’après, une vague énorme fouette mon ventre de l’intérieur et quand elle éclate, ma tête bascule en arrière ; plus rien n’existe que le plaisir suprême. Mon orgasme me happe tout entière et je pars vers ma petite mort. Il n’y a plus de ciel autour de mes étoiles, tellement c’est fort, éblouissant. Un vrai big-bang ! Je me sens éclaboussée de partout, avec toute cette lumière qui inonde ma tête. Le feu d’artifice gicle ses particules incandescentes sur ma peau. J’en frémis, c’est si bon… Mon corps est incontrôlable : il frissonne, mes poils se redressent sur mes jambes et mes bras. J’accueille ma délivrance comme une bénédiction. Je suis libérée de la chaîne de l’amour, je vibre, je tremble et je hurle mon bonheur d’une voix saccadée en accompagnant mes spasmes :

— Je suis libre ! Moi, Capucine, je suis libre ! Enfin !
— Laisse-moi jouir en toi…
— Viens ! Donne-moi ton jus ! Je veux sentir tes pulsions ! Que tes jets inondent mon fourreau ! Crache ta sève : j’ai besoin de sentir que tu te déverses en moi, que tu vides tes couilles. Jouis… maintenant !
— Rrrahhâââaaghhhh…

Il se fige, le sexe planté au plus profond de moi. Les mains crispées sur mes cuisses. Des spasmes le traversent tout entier et je ressens les secousses qui vident ses testicules écrasés contre mes fesses. Mon corps sur cette table de massage a fini de livrer son chant et j’accueille son plaisir avec un immense bonheur. Épuisée, je laisse mes jambes ballantes sur ses épaules. Il crache en moi ses dernières gouttes et nous nous apaisons, nos corps emboîtés l’un dans l’autre.

Il se détend et sort de moi tout en enlevant mes jambes de ses épaules. Je me laisse faire ; le plaisir et la jouissance m’ont rendue toute pantoise.

Il me caresse le ventre.

— C’était bon ?
— Oui !

Je ne peux que répondre « oui ».

Il penche sa tête jusqu’à mon entrejambe et me demande en relevant un peu la tête :

— Je peux ? Un suçon ? Tu veux bien me laisser marquer ta peau dans le creux de ta cuisse ? Là, juste à côté de ton mont de Vénus.
— Oui Tonny, marque-moi. Je veux bien garder la trace de ton passage sur mon corps.

Voilà, c’est fait…

⌘⌘⌘⌘⌘⌘

Arnaud, mon Lion, voilà c’est fait ! J’ai fini de te raconter mon histoire.

Voici mes derniers mots avant son point final :

« J’ai dans mon antre le fruit de sa jouissance et c’est bon.

J’ai sur la peau le suçon qui prouve nos ébats libertins.

Mais j’ai aussi dans le tréfonds de moi un début de souffrance… ».

— Comment ça ? me demandes-tu (j’imagine tes questionnements).
— Je n’ai aucun regret !
— Alors ? (je pense que c’est comme ça que tu m’interroges).
— Tu sais, je t’ai expliqué que cette fois-ci mon histoire était un peu différente des autres, puisque je ne nous ai pas inventé « nous deux » comme les autres fois. Tu t’en es rendu compte, n’est-ce pas ?
— Oui ! (évidemment, tu n’es pas idiot).
— Je t’ai dit que ce récit, je l’ai fait reposer sur un tas de raisons que tu comprends, puisque ce n’est pas la première fois que je t’en parle. Tu me suis jusque-là ?
— Continue ! (tu veux savoir : c’est bien !).
— En me lisant, as-tu réussi à te laisser emporter par mes mots ?
— Oui…
— Alors, est-ce que j’ai été convaincante ?
— Oui et non… (tu t’en poses des questions ; normal !).
— D’ailleurs, c’est le but recherché, d’être convaincante. C’est comme une envie qui m’a pris de t’aider à comprendre la différence entre le plaisir sexuel et l’amour.
— Mais je sais faire la différence ! Qu’est-ce que tu crois ?
— Bien sûr… mais j’ai réussi quand même, avec mon histoire ?
— Oui.
— Tant mieux !

Alors, puisque mes mots ont commencé leur voyage sous tes yeux, j’ai besoin à présent que tu lises ce que j’ai dans le cœur quand je t’écris que j’ai un début de souffrance :

— Voilà : je t’aime de manière exclusive et tu le sais. Tu te réjouis même de mon incapacité à aimer un autre que toi. Ça te rassure, tu en es fier.

Eh bien, tu as raison : tu es le seul que j’aime !

Mais tu te souviens de ma demande au sujet de cette histoire ?

— Laquelle ?
— Tu sais, quand je t’écris au début de ma lettre : « Je vais te la raconter en te demandant d’imaginer que… »
— Oui, et alors ?
— Eh bien, c’est là que commence ma souffrance, parce qu’il faut que je t’avoue quelque chose de difficile.

Voilà :

Tu ne vas pas pouvoir venir jeudi !

Je t’entends presque me demander « pourquoi ? » avec un petit air d’inquisiteur jaloux.

Eh bien, mon Lion, c’est parce que mon suçon ne sera pas encore parti ! Ah bon, tu es surpris ? Tu ne comprends pas ! Mais voyons, tu peux tout relire si tu veux, et tu verras bien que si je t’ai dit que TOI, tu devais m’imaginer là-bas, à aucun moment, MOI, je t’ai affirmé que je n’y étais pas allée… vraiment… hier… Mais rassure-toi : il n’y avait pas d’amour !

Signé : Capucine

De plus en plus « Lionne » !